Mercredi 26 août 2009
PS : le droit de l’ouvrir et le devoir d’agir
Par LAURENT BAUMELsecrétaire national du Parti socialiste., EMERIC BRÉHIERsecrétaire national du Parti socialiste., FARIDA BOUDAOUDsecrétaire national du Parti socialiste., PASCALE BOISTARDsecrétaire national du Parti socialiste., CHRISTOPHE BORGELsecrétaire national du Parti socialiste., LAURENCE ROSSIGNOLsecrétaire national du Parti socialiste., SANDRINE MAZETIERsecrétaire national du Parti socialiste., GUILLAUME BACHELAYsecrétaire national du Parti socialiste., OLIVIER DUSSOPTsecrétaire national du Parti socialiste., ALAIN FONTANELsecrétaire national du Parti socialiste., FRANÇOIS KALFONsecrétaire national du Parti socialiste., SIBETH N’DIAYEsecrétaire national du Parti socialiste., NATHALIE PERIN-GILBERTsecrétaire national du Parti socialiste., AXEL URGINsecrétaire national du Parti socialiste.
Nous voulons convaincre les Français que le Parti socialiste peut, de nouveau, leur être utile. A quoi ? A en finir avec le sarkozysme qui profite à quelques-uns grâce aux sacrifices de tous les autres. A redonner espoir à tous ceux qui espèrent une alternative et attendent un sursaut de la gauche. Il y a urgence ! Notre incapacité répétée depuis le 21 avril 2002 à offrir des réponses attractives aux grands problèmes du pays et de l’époque finit par altérer l’idée que le PS est la solution… Bientôt, le rebond et la rénovation, même réels, seront ignorés.
Et quand certains sont abonnés à la critique permanente, c’est tout le travail collectif, celui de nos parlementaires, de nos élus sur le terrain et du parti qui devient inaudible. Les citoyens sont las, les militants aussi. Parce qu’il y a urgence, nous avons décidé de parler ensemble. Qui sommes-nous ? Des femmes et des hommes de 30 ou 40 ans, un peu plus, un peu moins, qui se sont engagés au PS un matin d’espoir ou un soir de colère. Pour une autre France, une vraie Europe, un même monde. Contre les inégalités et le cynisme, cet acide de notre temps. Que sommes-nous ? Sûrement pas des accompagnants du «grand cadavre à la renverse». Pas davantage des inconscients faisant comme si le parti d’Epinay avait beaucoup plus de crédit que la SFIO qu’il bazarda jadis. Encore moins des enfants qui, au pied du manège des circonscriptions et des mairies, attendent leur tour, pareils à ces générations qui en veulent à la terre entière d’être restée chrysalides. En réalité, nous sommes des militants ayant vécu trois défaites à l’élection présidentielle. Aujourd’hui, nous animons au quotidien le principal parti d’opposition, lui consacrons notre énergie, commençons à l’incarner. Secrétaires nationaux, responsables fédéraux, élus locaux, nous avons un droit et un devoir. Le droit de l’ouvrir. Le devoir d’agir. Nous combattons l’idée que le socialisme, en France et ailleurs, serait bon à enterrer. Encore faut-il ne pas s’étonner que l’échec du capitalisme financier ne profite pas à la social-démocratie européenne ! Elle a porté de magnifiques conquêtes : la paix, la croissance, la solidarité, l’élévation du niveau de vie. Mais, depuis vingt ans, elle a accompagné le système au lieu de le stopper. Sans nouveau modèle, pas d’avenir pour le Parti socialiste. Ce que nous défendons, c’est le parti sans lequel l’alternance restera un doux rêve. Au PS d’être à la hauteur ! La division est notre poison, symbole du quant à soi quand la France se cherche un destin collectif. La transformation est notre défi : mettons tout sur la table, des pratiques militantes aux primaires. Notre démarche, c’est d’abord un autre état d’esprit. Puisque le temps du projet va maintenant s’ouvrir au sein du PS, nous proposons d’investir trois champs de réflexion et d’action.
Issus de sensibilités différentes, nous pensons que les divergences sur le fond sont nobles, stimulent le débat, peuvent être tranchées par des votes. Ensemble, nous voulons poser les questions et trouver les réponses. Cela suppose de préférer ses neurones à son nombril et le collectif au chacun pour soi. Cela impose de distinguer la gauche et la droite, d’apercevoir les régressions sous les pseudo-réformes, de ne pas confondre «ouverture» et débauchage de ceux qui vont à la soupe. Ensemble nous prenons un engagement de loyauté : en 2012, nous aurons un(e) candidat(e) à l’élection présidentielle et nous le (la) soutiendrons de toutes nos forces pour qu’advienne le changement. Cela exige aussi une autre façon de vivre la démocratie élective : au XXIe siècle, un élu du peuple ne saurait cumuler les mandats. A tout vouloir faire, on ne fait rien ou on le fait mal. Ce travail est engagé depuis plusieurs mois. Martine Aubry a proposé une feuille de route : refondation par le projet, transformation du parti, maison commune de la gauche. Nous voulons contribuer à tracer ce chemin.
Qui sommes-nous ? Des socialistes fiers de l’être et décidés à le rester. Des militants qui pensent qu’un seul quinquennat de l’actuel président serait meilleur pour le pays. Des citoyens de gauche qui voudraient, pour une fois, être «pour» et pas seulement «anti». Pour une société post-capitaliste. Pour une Europe volontaire. Pour des individus enfin libres. Au fond, pour que nos vies aient un sens.
Pour signer l’appel : www.changeonsdair.net