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Laurence Rossignol À Compiègne
Tribune du Groupe Socialiste - décembre 2006

Chômage : quatre ans pour rien

Les chiffres publiés par le ministère du travail indiquent que le taux de chômage est remonté à 9,0 % de la population active (+ 0,1 point), c’est-à-dire son niveau de 2002.


Les chiffres attestent malheureusement une nouvelle fois du caractère optique de la décrue du chômage ces derniers mois : celle-ci s’explique en effet par une quasi stagnation de la population active (+ 50.000 emplois/an, contre 200.000/an lorsque la gauche était au pouvoir), le niveau élevé des radiations administratives et les contrats aidés (+59.000 au cours des douze derniers mois), sans que ceux-ci ne compensent les pertes des années précédentes.

La baisse du chômage ne peut être durable que si elle repose sur de fortes créations d’emplois, ce qui n’est plus le cas. D’ailleurs, les Français ne sont pas dupes, et savent pertinemment que la baisse optique du chômage ne correspond pas à un mouvement de création d’emplois : en un an, le nombre d’emplois créés dans le secteur privé (+ 130.000, contre + 400 000 par an entre 1997 et 2002), fait désormais de la France la lanterne rouge de la zone euro en termes de créations d’emplois (+ 0,6 % sur un an contre + 1,2 %). Les choix fiscaux et sociaux du budget 2007 qui, comme tous les budgets votés depuis quatre ans, favorisent une croissance inégalitaire et un marché du travail fragile, où les trois quarts des offres d’emplois sont précaires, soit deux fois plus que sous la précédente législature.

Quartiers : 1 an pour rien !

Un an après les émeutes survenues l’an passé, la situation dans nos quartiers et nos villes n’a pas évolué malgré les effets d’annonce du Gouvernement. Elle démontre l’ampleur de la crise sociale et urbaine dans notre pays.

Après 4 ans de coupes dans les crédits de la politique de la ville, d’abandon de la police de proximité et de provocations, les atteintes volontaires à l’intégrité physique ont augmenté de 27 % depuis 2002, sur un terreau de montée des inégalités sociales. Le gouvernement n’a même pas tenu ses maigres engagements et le désespoir s’accroît.

Nous refusons la société bâtie sur les communautés promise par la droite où pauvres et riches vivront séparément. Cette société du ghetto est porteuse de toutes les injustices et de toutes les violences.

Pour lutter vraiment contre l’insécurité, nous proposons :

  • de rendre leur dignité aux habitants des quartiers, notamment aux plus jeunes : des moyens exceptionnels seront donnés aux élus, aux services publics et aux associations pour permettre à chacun de vivre, de s’éduquer, de travailler et de participer à la vie démocratique ;
  • de construire des villes plus diverses, en construisant 120.000 logements sociaux par an, notamment dans les communes riches qui n’en ont pas au moins 20 % et dans des nouveaux quartiers mieux intégrés ;
  • de favoriser la mobilité et la mixité sociale en consolidant la carte scolaire, en développant les transports et l’accès à l’emploi, aux services publics ou à la culture.


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