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Tribune du Groupe Socialiste - octobre 2006

Délinquance : un nouveau projet de loi pour masquer l’échec ?

Le projet de loi sur la prévention de la délinquance, examiné en première lecture par le Sénat à partir du 13 septembre,est le sixième texte en matière de sécurité depuis 2002.

La gesticulation législative de la droite ne peut masquer l’échec total de sa politique. Celle-ci, en supprimant la police de proximité, et en ne s’attaquant pas aux causes de l’insécurité, a eu pour résultat une intensification sans précédent des violences contre les personnes qui, en quatre ans, ont augmenté de 27%. Le gouvernement propose aujourd’hui un texte de pur affichage qui s’inscrit dans la continuité d’une politique inefficace et néfaste :


• Alors même que Nicolas SARKOZY s’était engagé depuis 2003 à proposer un projet de loi définissant une « grande politique de prévention », il propose aujourd’hui en fait un texte répressif de plus qui ignore la prévention, en cohérence avec l’action de la droite depuis quatre ans qui a méprisé et privé de moyens les acteurs de la prévention ;
• Ce projet organise une défausse générale de l’État sur les maires à qui les problèmes sont transférés sur fond de recul des moyens de l’État. Pire, les élus locaux sont transformés en auxiliaires de justice, véritable atteinte à la séparation des pouvoirs ;
• Il procède à une nouvelle réforme – la quatrième en quatre ans – de l’ordonnance dite « de 1945 », en portant atteinte à ses principes fondamentaux pour s’engager dans une logique d’enfermement des mineurs ;
• Il criminalise les personnes souffrant de problèmes de santé mentale.

Les socialistes s’opposeront à cette fuite en avant.

Pour les socialistes, ce débat sera également l’occasion d’une confrontation entre la politique de la droite qui aggrave les désordres et le projet socialiste qui propose une politique de sécurité durable fondée sur la fermeté d’action contre la délinquance autant que contre ses causes.

Privatisation de gaz de France, tromperie à tous les étages

Le débat autour du projet de privatisation de Gaz de France par fusion avec Suez n'est que désinformation, manipulation et tromperie. Les derniers avatars du débat confirment l'impression initiale d'un gouvernement qui renie sa parole et sacrifie l'intérêt général.

Le gouvernement nous dit : les tarifs régulés ne sont pas menacés, le consommateur sera protégé et mieux il bénéficiera des avantages de la diversité d'approvisionnement accrue du nouvel ensemble.
Le Président de Suez nous dit : «le prix du gaz ne doit pas pénaliser les actionnaires », ce qui en dit plus long que tous les discours.

Le gouvernement nous dit : les personnels ne sont pas menacés et leur statut sera préservé, voire élargi aux commerciaux.

Le conseil politique de Nicolas SARKOZY, Président de l'UMP nous dit : les régimes spéciaux, dont celui des électriciens et gaziers seront réformés rapidement.

Le gouvernement nous dit : j'ai confiance en ma majorité, je crois en mon projet et je suis prêt à la discussion parlementaire.

Le Président de l'Assemblée se met en scène à coup de tonnes de papier blanc pour préparer l'opinion à un nouveau passage en force avec le 49.3.

Le gouvernement persiste à essayer de nous convaincre que Gaz de France est décidément trop petit et trop faible pour survivre à la concurrence internationale. Gaz de France annonce ce matin des profits records s'élevant à 1,7 milliards d'euros au premier semestre, en hausse de 44%, et on imagine bien la convoitise que peut susciter un tel "gâteau", fruit de plusieurs décennies d'effort collectif.
Enfin, un sondage BVA/Les Echos, montre que les Français, comme les personnels refusent à 81 % que l'État abandonne sa majorité au capital de Gaz de France, comme le propose le gouvernement, même si certains médias ont cherché à donner une autre signification à ce sondage.

Devant une telle mauvaise foi et une telle débauche de moyens médiatiques pour faire passer un projet contesté jusque dans les rangs de la majorité, la seule issue est désormais de retirer ce projet. Un choix de société aussi stratégique ne peut qu'être renvoyé au débat démocratique, par un référendum ou au vote de nos concitoyens qui aura lieu à l'occasion des échéances électorales de 2007.

Le Groupe Socialiste


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